Vers un éclatement de la bulle immobilière ?

D’après Nathalie Navarre, économiste pour Asset Management (Société générale), dans une interview accordée à l’express.fr, il est fort possible que le marché immobilier français connaisse une baisse comparable à celle de 1991, où les prix d’achat de biens immobiliers avaient chuté de 37% en 7 ans.



La Banque centrale européenne fait bien état d’une bulle, puisque d’après cette dernière, les prix du marché de l’immobilier ont augmenté de 82 % pendant les 12 dernières années. D’après Nathalie Navarre, la bulle immobilière a été alimentée par plusieurs facteurs :
- la baisse des taux d’intérêt sur les crédits immobilier a permis de populariser les crédits en abaissant leur coûts.
- la hausse des revenus moyens de ménages a fait exploser le nombre des primo-accédants (personnes qui réalisent leur premier achat immobilier, pour en faire leur habitation principale)
- la démographie, avec notamment l’explosion du nombre des divorces: quand la population a augmenté de 10%, celle des foyers a bondi de 27%, dans une période où l’offre suffisait à peine à combler la demande…

Aujourd’hui, l’état du marché immobilier est tel qu’il faut en moyenne 5 années de revenus à un couple pour acheter un appartement de 90 mètres carrés à Paris. En 1991, juste avant l’éclatement de la première bulle, il fallait moins de 4 ans de revenus. Le marché de l’immobilier est donc plus cher qu’à cette époque.

Les prix seraient donc susceptibles de baisser au moins autant qu’à cette période. Le nombre de transactions a nettement baissé ces dernières années (crise oblige), mais malgré une baisse récente annoncée de 7%, les vendeurs n’ont pas encore pris en compte la nouvelle demande dans le calcul de leurs prix de vente.

Selon La Tribune.fr, l’agence de notation financière américaine Standard & Poor’s (S & P) se montre plus réservée. Même si ses relevés montrent une baisse de quasiment 6% sur 12 mois (jusqu’à Avril) et que prévisions font état d’un net recul sur 12 mois jusqu’à décembre 2009 (environ 10%), elle prédit un rebond en 2010, favorisé par le manque d’offre, « caractéristique du marché français ».

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