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Source

Article original : Le Blog de l’Economie et de la Finance internationale, par Sébastien Duchêne et Thibault Henocque (paru le 20 Juillet 2009)
Source INSEE : le patrimoine économique national de 1978 à 2007 (Nathalie Couleaud, Frédéric Delamarre)
Credit Agricole : note trimestrielle, direction des études économiques, (Olivier Eluere)

L’immobilier va-t-il vraiment baisser ?

Les Français ont connu 30 années de bonheur sur le marché de l’immobilier. Comme l’expliquent Nathalie Couleaud et Frederic Delamarre dans une étude de l’INSEE, le patrimoine économique national a été multiplié par huit entre 1978 et 2007. L’accélération de cette hausse (+10.3% ces dix dernières années) est d’autant plus importante dans un contexte de faible inflation, tel que nous le connaissons depuis la fin des années 90.

A ce titre les auteurs mettent en exergue la hausse « du prix des actifs qui ont quadruplé alors que le niveau général des prix des biens et services n’a été multiplié que par trois sur la même période ». Il est donc important de ne pas mélanger l’inflation sur les produits de consommation courante, qui est relativement faible actuellement (et qui sert à calculer la hausse des salaires), avec la hausse du prix des actifs. Cette dernière est beaucoup plus importante et devrait également être incorporée dans le calcul du coût de la vie !

Pour revenir précisément sur le marché de l’immobilier, en 1997, le prix d’un appartement ancien vendu à Paris était de moins de 2500 euros par mètre carré et atteint en 2009 plus de 6000 euros par mètre carré. A l’échelle nationale, l’évolution des prix de l’immobilier varie selon les régions, Paris bénéficiant de son statut de capitale mais les tendances sont très similaires dans le reste de la France.
Devant la hausse impressionnante des prix de l’immobilier ces dernières années, on assiste également en France à une baisse importante du volume des transactions dans l’ancien (-16.8%) sur un an. En Ile de France la baisse atteint 25.1% au dernier trimestre 2008. Dans le neuf, le volume des ventes s’est effondré de 48% sur un an au dernier trimestre 2008 (un point bas depuis 2001…). Les stocks de logements neuf proches de 4 mois de vente en 2004 sont aujourd’hui supérieurs à 20 mois. Les mises en chantier ont également connu une baisse de 16% (en 2008 par rapport à 2007).

Pourtant, les prix n’ont pas connu pour le moment de chute spectaculaire. Sur un an le prix des appartements neufs a baissé d’un petit 0.2% quand ceux des maisons neuves ont diminué de 6.5%. Dans l’ancien ; les prix auraient baissé de -9.8% (source FNAIM). Sans rentrer plus précisément dans les innombrables statistiques à ce sujet, il semble que la baisse que connaît le marché immobilier français est relativement faible eu égard à ce que connaissent l’Espagne, le Royaume-Uni ou les Etats-Unis.

Malgré la chute des marchés boursiers, la hausse du taux de chômage, la baisse de confiance des ménages et la dégradation des conditions de crédit, le marché immobilier à été porté par de nombreux facteurs positifs. Toute d’abord, le dispositif Scellier (investissement locatif et avantage fiscal) a permis de maintenir la demande sur le marché du neuf. Par ailleurs les encours de crédit à l’habitat restent positifs (+6% sur un an, même s’ils ont fortement diminué). De plus, la baisse des taux interbancaires (euribor 3 mois, EONIA) ainsi que celle de l’emprunt d’Etat à 10 ans ont favorisé la stabilisation des taux de crédit.

Dans ce contexte, les conjoncturistes prévoient une baisse sensible du prix de l’immobilier en 2009 pour atteindre 20% par rapport au point haut. Si l’on peut parler d’une véritable chute des prix dans certains pays, la baisse que l’on connaît en France correspond plus à une forte « consolidation » et à un assainissement des prix (terme employé sur les marchés financiers…).
Article original publié sur Ventes Immobilieres : L’immobilier va-t-il vraiment baisser ?