René Pallincourt, président de la FNAIM

René Pallincourt, président de la FNAIM


Dans sa lettre trimestrielle de conjecture de Juillet 2009, la FNAIM (Fédération nationale des agents immobiliers) annonce que même si le mouvement de recul des prix semble marquer une pause, cela ne doit pas masquer la baisse générale constatée sur une année (7,3 %), ni le fort ralentissement général de l’activité (30% de transactions en moins sur la dernière année). Toujours selon la FNAIM, la baisse des prix ne peut donc être attendue comme facteur sérieux de reprise de l’activité immobilière…

René Pallincourt, président de la FNAIM, l’annonce clairement: c’est à l’Etat de se débrouiller pour que l’immobilier reparte, car “le spectre d’une crise structurelle profonde ne peut pas être écarté. Si le rebond de l’activité n’a pas lieu sous quelques mois, il est à craindre que l’activité du marché de l’ancien connaisse un nouveau recul brutal en fin d’année”. La couleur est alors annoncée: c’est maintenant sur l’immobilier ancien que la menace plane, et c’est à l’Etat de payer les pots qui ne sont même pas encore cassés. Pour éviter l’accélération du rythme de fermeture des agences immobilières, René Pallincourt recommande de doubler les prêts à taux zéro (PTZ) et une exonération ou une diminution des droits de mutation (ou droits d’enregistrement) qui sont payés par l’acheteur et représentent 5,09% du prix de vente d’un bien immobilier.

Cette recommandation rejoint celle de la Commission pour la libération de la croissance française (ou “Commission Attali“) qui recommande de supprimer les droits de mutation sur les ventes de biens de valeur inférieure à 500000 € et de les rendre progressifs au-delà. Pour information, cette source fiscale a généré environ 10 milliards d’euros en 2007, dont les 3/4 sont reversés aux collectivités locales et servent à financer les revenus de redistribution (RMI, handicap…)

Sur Le Buzz Immobilier, l’ambiance vis-à-vis de la FNAIM est clairement tendue. L’auteur taxe la FNAIM de lobbying et on peut lire, dans les commentaires, que la FNAIM a très longtemps joué le jeu de la spéculation et qu’elle “[devrait] rendre des comptes pour avoir fait plonger le pays dans une crise immobilière sans précédent”. Pour ma part, je trouve en effet très étonnant qu’un acteur impliqué d’aussi près dans le marché immobilier puisse faire des recommandations au Gouvernement pour relancer sa propre activité…
Article original publié sur Ventes Immobilieres : La FNAIM demande une relance de l'Etat