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La bulle immobilière selon Joseph Stiglitz


Sommaire de cet article :

Joseph Stiglitz, prix Nobel d’Economie, revient sur la crise financière et la bulle immobilière (housing bubble). Il explique que la bulle internet du début des années 2000 a été résorbée en créant une autre bulle, centrée cette fois sur le domaine de l’immobilier. Il revient aussi sur le marché immobilier américain actuel et les retombées de l’interventionnisme du gouvernement.

Résumé de l’intervention de Joseph Stiglitz

La bulle internet des années 2000 a plongé l’économie dans une période de récession. Pour lutter contre cette tendance, une bulle encore plus grosse a été créée sur le marché de l’immobilier (« housing bubble »). Les prix de l’immobilier grimpant en flèche, tout le monde a continué à vivre au dessus de ses moyens en se sentant riche (plus-value) et en sur-consommant.

Nombre d’américains susceptibles de perdre leur logement, par an :

  • 2008 : un peu moins de 2 millions
  • 2009 : 2 millions
  • 2010 : 3 millions (prévisionnel)

Ces américains sont souvent de petits propriétaires qui ont investi une grande partie de leurs économies (« lifetime savings ») pour acheter leur logement.

La bulle immobilière a donc créé une « fausse économie » entre 2003 et 2007. La faillite de Lehmann (le 15 septembre 2008) n’a pas été la cause de la crise mais en est une conséquence. Les banques ont accordé de mauvais prêts immobilier (« bad loans ») pour augmenter leurs actifs et, les acquéreurs étant incapables de rembourser leurs mensualités d’emprunt, elles se sont endettées. Après une longue phase ou leur précarité était cachée, la bulle a fini par éclater au grand jour et le gouvernement US s’en est mêlé : la dette d’entreprise privées est devenue une dette publique.

La prochaine étape est un renforcement de la spéculation, en particulier depuis les Etats-Unis vers l’Europe, en ciblant des pays comme l’Espagne, le Portugal ou la Grèce. Pourtant, le budget de l’Espagne était nettement excédentaire avant la crise.

Aujourd’hui, aux Etats-Unis, la Banque Centrale est devenue le premier recours en cas de prêt immobilier : les « mortgages » sont en quasi-totalité rachetés par la Federal Reserve. On parle de « marché libre » mais le secteur immobilier est supporté par le gouvernement.

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