Bulle immobilière: que sont les fameuses "subprimes" ?

Pour comprendre l’origine de la crise immobilière actuelle, il faut revenir sur le principe des Subprimes américaines.


Principe des subprimes: crédits à taux évolutif

Les Subprimes sont des crédits immobiliers à risque, où le bien est engagé en tant que garantie hypothécaire. Les deux premières années suivant sa signature, le crédit subprime bénéficie d’un taux d’intérêt très bas (souvent moins de 2%) mais bascule après cette période sur un taux beaucoup plus important ( de l’ordre de 8%), rendant souvent impossible son remboursement.
En effet, les organismes de crédit américains, lorsqu’ils étudient une demande de crédit, ne se basent pas sur la solvabilité de l’emprunteur, c’est à dire sa capacité à rembourser le prêt, mais uniquement sur la valeur du bien hypothéqué: si la vente du bien suffit à rembourser le crédit avec ses intérêts, le prêt est accordé.
Pour la plupart des ménages ayant « bénéficié » d’une subprime, l’idée était souvent de profiter des deux premières années du crédit, puis de revendre le bien pour liquider celui-ci et très souvent, réaliser une plus-value. Le marché américain était en expansion d’environ 10% par an, aussi l’opération semblait-elle juteuse.

La crise du marché immobilier américain

En 2007, le marché américain entame une baisse. Sans pouvoir parler de krach, la bulle se dégonfle et les opérations qui étaient rentables le sont de moins en moins. Les ménages qui avaient acheté dans l’espoir de revendre ne peuvent plus le faire, ou doivent enregistrer des pertes financières lourdes. Lorsqu’ils ne peuvent plus ni vendre, ni rembourser leur crédit, la banque ou l’organisme de prêt revend celui-ci pour couvrir les sommes engagées. Mais la valeur des biens étant en chute libre (notamment à cause d’une saturation du marché, permise par la facilité d’emprunt…), les ventes ne suffisent plus à couvrir les frais, et les banques se mettent à perdre de l’argent, souvent environ 20% du montant total du crédit consenti.
Entre 2007 et 2008, c’est ainsi un total de 500 milliards de dollars qui ont été perdus à cause des moins-values effectuée sur les reventes de biens immobiliers saisis.

De nombreuses grandes banques sont ainsi très fragilisées, et une trentaine d’organismes de crédit mettent la clé sous la porte. Plus de 2 millions de foyers sont en faillite personnelle.

L’influence sur l’économie mondiale

La crise financière aurait pu s’en tenir aux Etats-Unis, puisque les banques de la plupart des pays européens basent les prêts sur la solvabilité de l’emprunteur et limite ainsi le volume des saisies pour revente. Mais les actifs générés par les Subprimes étaient « titrisés », donc transformés en titres échangeables sur les marchés financiers. Ces titres permettaient d’atteindre des rendements très élevés mais comportaient de gros risques, et étaient donc plutôt destinés aux gros investisseurs (notamment banques). L’engouement mondial a été massif jusqu’à ce que la crise se profile et ne provoque une vente massive des titres, et donc un effondrement de leur valeur.
De très nombreux produits financiers comportaient une part d’investissement en Subprimes, de manière plus ou moins opaque, qui rend très difficile, même pour les acteurs concernés, de chiffrer précisément les pertes attendues…

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